Nous consacrons le présent dossier à la coopération suisse. Voulant de bonne foi s’engager dans les activités d’IdM ou dans la coopération en général, beaucoup d’étudiantEs souhaitent en savoir davantage sur la position de la Suisse sur cette question et comment est apparue la notion d’Aide au Développement. En ce sens nous profitons pour vous présenter un résumé de la Journée de la Coopération 2006 qui s’est déroulée le 23 novembre dernier à l’EPFL en guise d’introduction de ce dossier et à laquelle IdM a participé.
La journée a commencé par un discours de bienvenue du président de l’EPFL, le professeur Patrick Aebischer. Ce dernier a souligné l’importance historique de la Coopération à l’EPFL et que la coopération au sens d’une école d’ingénieurs revenait à développer des techniques qui servent à aider. Le budget de l’unité cooperation@epfl est de 6 millions CHF dont 85% proviennent de financements extérieurs.
Durant cette journée, l’accent a été mis sur l’importance de l’accès à l’information comme outil de Développement ; Internet y jouant un rôle capital. Jacqueline Schmid a présenté le rôle de la DDC puis a donné la parole aux chercheurs présentant leurs travaux de collaboration scientifique. On notera le programme de biotechnologie avec l’Inde, le développement d’une antenne en bois au Cameroun, l’urbanisation dans les grandes villes en Afrique de l’Ouest, les transports ou le traitement de l’eau en Colombie. Le professeur Eric Goles, de l’Université Adolfo Ibáñez au Chili, a présenté l’exemple assez parlant du développement de la recherche au Chili qui, grâce à une série de particularités, est devenu hautement compétent dans des disciplines tel que l’Astronomie et les Mathématiques. Le programme a débuté voilà une trentaine d’année. Il a visé à fortement augmenter le nombre de thèses de doctorat effectuées au Chili avec notamment le soutien financier de la Banque Mondiale. La stratégie a été de commencer par le lancement des sciences de base pour ensuite développer la recherche en ingénierie et finalement aboutir à des applications en collaboration avec les industries locales. Mais la réussite du Chili n’est pas uniquement due à une planification stratégique politique. A la suite du coup d’état d’Augusto Pinochet, de nombreux universitaires ont fui le pays, ont continué leur carrière à l’étranger, puis y sont rentrés de manière plus ou moins soudaine à la fin de la dictature militaire.
Pour finir, le professeur Vijai Modi étudie à l’université de Columbia à New York l’évolution globale du Développement pour essayer de trouver de meilleurs outils de coopération. L’Earth Institute qu’il dirige analyse des projets pilote appelés Millenium Villages Project où l’on tente d’arriver aux Objectifs du Millénaire en matières de Développement fixés par l’ONU dans 80 villages d’Afrique. Cette dernière conférence a généré de nombreuses réactions de la part de l’assistance et a soulevé la question des différents impacts que peuvent avoir la technologie et les intérêts politico-économiques dans les stratégies pour l’amélioration des conditions de vie dans les pays du Sud. A quoi le conférencier a répondu : « Il faut résoudre le problème de la mauvaise gouvernance avant de s’attaquer à d’autres questions. » Sur cette déclaration, l’EPFL n’a-t-elle pas les moyens de faire pression sur certains de ses partenaires privés qui y sont pour beaucoup dans la mauvaise gouvernance des pays du Sud ?
Les présentations des différents intervenants sont consultables sur le site web de coopération@epfl: http://cooperation.epfl.ch/page64142.html
Publié dans Point Sud n°25, janvier 2007
