Hitz egin ! Adierazpen askatasunarengatik [1]

14 10 2007

J’ai récemment appris que dans la démocratie athénienne, les responsables politiques n’étaient pas élus. Scandale! s’écrieront les dirigeants de nos démocraties modernes. S’ils n’étaient pas élus, c’est parce qu’ils étaient tirés au sort ! En effet, dans la cité, tout citoyen devrait être à même de “s’occuper des affaires de la cité”, ou faire de la politique.

Passons à présent à la liberté d’expression – un droit inscrit dans l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme et que l’on brandit souvent dans nos chères démocraties. Je ne remettrai pas en cause ce droit. Le problème est beaucoup plus subtile lorsque les citoyenNEs renoncent par eux-mêmes et par elles-mêmes à exercer ce droit que lorsqu’on les empêche de s’en servir.

hitz.gifAlors que je réfléchissais à tout cela, je suis tombé cette semaine sur un vieux vidéo-clip passé sur M6 en 1995. Il s’agissait du groupe basque Negu Gorriak et de leur tube Hitz egin ! (Parle !). M6 soutenait à l’époque l’engagement militant de ces musiciens pour que nous nous exprimions touTEs, ou négligeait-elle l’impact que pourraient avoir sur son public des paroles hurlées dans un micro en langue basque ?

Tout comme en politique, j’ai l’impression que des professionnels et des spécialistes de l’information vouent un intérêt particulièrement pervers à ce que nous, citoyennes et citoyens, les laissions s’exprimer à notre place. Sous cet angle-là, que penser de l’arrivée du Matin Bleu ?

CertainNEs y ont peut-être vu la menace d’une transmission de l’information à sens unique et à pensée unique. Qu’on se rassure! Son confrère 20 minutes est venu garantir la diversité de la presse tout comme le fait le parti démocrate à l’égard du parti républicain dans le système états-unien. Mais la réalité est triste à voir. Cela ne vous choque-t-il pas que la masse de lecteurs et lectrices est perdu tout lien avec l’(in)formateur à par celui d’être sa clientèle? Organisons-nous pour que chaque communauté, chaque groupe social s’exprime en son nom et cesse de se limiter à consommer une information faite pour elle mais pas par elle. Usons donc de notre liberté d’expression ! Servons-nous de canaux interactifs par lesquels tout le monde soit émetteur et récepteur de messages. Comme le disait le journaliste d’investigation belge Michel Collon lors d’une conférence à Genève, “Nous sommes touTEs journalistes”, et je rajouterais touTEs politicienNEs dans le sens athénien.

Bonne lecture!

1. En Basque, Parle ! Pour la liberté d’expression

Edito publié dans Point Sud n°24, juin 2006